A la rencontre d’autres cultures avec les réfugiés et les membres de l’association POUR
La visite à la ferme de la Porte d’Aspe en octobre a constitué un premier pas dans la connaissance des contraintes qui pèsent sur l’agriculture et les moyens de valoriser la filière locale et le soutien des paysans. Un sujet d’importance à l’heure où les agriculteurs vivent dans la crainte de l’extension de l'épidémie de dermatose nodulaire et des accords commerciaux de Mercosur.
Ce travail est le fruit d’une collaboration des enseignants d’EPS, de SVT et d’EMC pour réfléchir aux moyens agronomiques et éthiques de mieux consommer avec davantage de variété. En EMC, les élèves réfléchissent depuis plusieurs semaines à la question de savoir si manger est un acte simplement naturel. En SVT, ils ont construit des panneaux variés pour présenter l’agriculture des différents pays dont les réfugiés sont originaires.
La visite de l’association POUR, avec deux réfugiées d’origine vénézuelienne et congolaise ainsi que Magali et Elisabeth, qui les accompagnent et leur enseignent le français, a permis de découvrir d’autres types d’agriculture et de produits cultivés dans deux pays lointains rendus tout d’un coup très proches de nous par le témoignage direct et aussi par l’actualité dramatique brûlante qui touche le Vénézuela.
Cette intervention a aussi rendu plus visible le travail de transmission culturelle via le petit livret de recettes fabriqué par l’association POUR. Celui-ci (disponible pour les fêtes à la librairie l’Escapade et à la commande via l’association) compile des dizaines de recettes délicieuses et faciles des pays d’origine des réfugiés. Voilà l’occasion de mieux faire connaître l’atelier cuisine de POUR 2 samedi matin par mois et de découvrir les talents de chacun déjà reconnus et appréciés lors de la dernière garburade- nous avons appris que nos invitées avaient été primées pour leur garbure-fierté!
Cette visite avait le souci de faire découvrir des saveurs et des goûts différents, des climats et des façons diverses de se nourrir à la maison et dans la rue. Yesenia du Venezuela, s’est adressée aux élèves en espagnol quoiqu’elle comprenne déjà très bien le français, Nadine du Congo parlait en français. Un silence attentif et concentré a permis ensuite un échange instructif et respectueux. La présentation des différents climats et agricultures (extensive, intensive, vivrière et industrielle) et les produits consommés dans leur pays d’origine ont permis aux élèves de mieux se figurer les modes d’alimentation, la mondialisation de la junk-food au Venezuela en particulier et les possibilités de résistance qu’opposent des traditions culinaires et culturelles.
Nous avons donc retenu la recette congolaise du Saca-saca, plat typique composé d’huile rouge, d’ail, d’oignon, poisson, d’aubergine et du concombre ; il est mangé avec du fufu, une sorte de semoule. Et nous garderons en mémoire la préparation des arepas de maïs (farine de maïs, sel, eau), un peu comme nos miques au maïs! et du délicieux pabellón (un plat typique à base de haricots noir, viande, oeufs frits et riz) et du quesillo, sorte de flan vénézuelien.
Les élèves du lycée vont parfaire leur connaissance de l’économie et de la situation politique au Vénézuela ce lundi 19 janvier puisque les terminales recevront, dans le cadre du cours d'histoire, de philosophie et de droit, un réfugié politique vénézuelien résidant à Pau, David Osorio, avocat en droit international et de l’environnement.
Nous vous ferons un compte-rendu précis de cette intervention qui promet elle aussi d’être très enrichissante en nous rappelant l’exigence du respect de la dignité humaine ainsi que le souci de la solidarité et de l’accueil de l’étranger au plus proche de chez soi.
Merci à Rayan, Tara, Marie, Damien, Evangeline, Alex, Axel et Swann pour leur précieuse prise de notes pour les recettes, les climats et les saisons et le voyage qu’ils permettent .





