Saint Joseph
1, rue Palou
64400 OLORON
FRANCE
tel : 05 59 39 02 38

L'établissement > Pédagogie > Enseignement des arts plastiques > Exposition Arts Plastiques

"Femmes, Luttes et Résistances" : du 06 au 24 avril, les élèves du Lycée Saint Joseph exposent dans différents lieux publics de la ville d'Oloron

9 avril à 20h à L'Espace Jéliote  : Performance de Pauline Dassac élève de 1ère S,  sur la violence conjugale

Répondre à une thématique qui met au centre de la table les femmes, pour qu’elles la débarrassent de ses préjugés en parlant d’elles-mêmes, en se révoltant ou se rendant hommage, a particulièrement séduit les élèves du Lycée Saint Joseph qui se sont mobilisés pour produire des œuvres plurielles. Sollicités par l’association Terre de mémoire et de Luttes,  dans le cadre de la quinzaine consacrée à la thématique « Femmes, Luttes et Résistances » les élèves de première et terminale option Arts Plastiques ont ainsi répondu à l’appel du pied lancé, en proposant des productions éclectiques et variées envisagées pour des lieux publics spécifiques  ( mairie,  médiathèque, gare, Espace Jéliote, Espace Laulhère ) ou disséminées dans la ville            ( panneaux d’affichage, tracts, panneau sucette )

15 productions vouées à sensibiliser le plus grand nombre sur la thématique retenue  ont ainsi vu le jour, dont une réalisée au Studio Contraste aves l’aide et les précieux conseils du photographe Oloronais Thierry Gouirriec.

Certaines mettent  en évidence les droits et libertés accordés aux femmes, les formes de discrimination, de sexisme,  de racisme, de xénophobie, les violences physiques ou morales,  le harcèlement,  les inégalités encore présentes dans certaines sociétés ; d’autres  rendent hommage à des figures  emblématiques ayant mené un combat pour l’égalité entre les sexes, ou pour l’égalité entre les  peuples.

Revêtant des formes variées ( dessins, peintures, photographies, sculptures, installations, performances ) elles interpellent par les questionnements qu’elles suscitent et pour certaines convoquent directement la participation du spectateur afin qu’il prenne part à la Manifestation de manière active et soit plus sensible aux sujets traités.

 

 

 

Projet de Maëva Gourbeyre, photographies réalisées au Studio Contraste avec l'aide de Thierry Gouirriec 

Description des productions réalisées par les élèves exposées du 06 au 24 avril 2013 :

ESPACE JELIOTE

  Ø  Pauline Dassac, ( 1ère  S) Performance dansée, 09 avril à 20h à L’Espace Jéliote

A travers une prestation dansée, je tente de transcrire les violences conjugales que subissent certaines femmes. Autour d’un décor symbolisant l’union entre l’Homme et la Femme, j’évolue au fil du temps, dénonçant avec suggestion des émotions telles que le chagrin, l’impuissance, la peur, et le désespoir… Cette œuvre traite d’un sujet actuel, qui continue de toucher de nombreuses femmes dans le monde, et malgré sa gravité j’ai choisi de le dénoncer avec subtilité ; la violence n’est ici que suggérée. « La violence, c’est pas toujours frappant, mais ça fait toujours mal. » Richard Leclerc.

Ø  Madeleine  Faugier, ( 1ère  L) Hommage à  Barbara Ledermann Rodbell, installation.

Cette installation constituée d’un tutu de danse et d’une paire de chaussons, rend  hommage à la danseuse Barbara Ledermann Rodbell. Cette jeune ballerine juive qui s’était procuré de faux papiers a pu résister aux Allemands pendant la seconde guerre mondiale : chaque soir elle dansait  devant des officiers de l’armée allemande, parfois même devant Hitler en personne,  et la nuit, déplaçait clandestinement des familles juives ou distribuait des journaux interdits.

Le haut du Tutu, vert et marron symbolise la lutte qu’elle a menée mais aussi l’uniforme des  officiers et soldats devant lesquels elle dansait. La jupe violette reprend la couleur qu’elle  portait en tant que danseuse  la plus importante. L’étoile juive, sur son habit  montre sa religion, celle qu’elle était obligée de cacher pour survivre et continuer à lutter dans l’ombre. Entre les volants du Tutu, de faux papiers sont dissimulés et rappellent son combat.

GARE

Claire Lhermitte ( 1ère L )    Hommage à Madeleine Barot, dessin sur toile. 

Mon dessin représente deux mains de deux personnes différentes liées, enlacées ; on aperçoit une main d’adulte ainsi qu’une main d’enfant. Ce projet est inspiré de l’histoire héroïque de Madeleine Barot. Durant la Seconde Guerre Mondiale, elle aida de nombreux enfants à échapper aux Allemands et aux camps de concentration. Elle détourna notamment un bus qui transportait des enfants vers la gare d’Oloron-sainte-Marie, afin de les envoyer vers le camp de Gurs par le train. Le chemin de fer est rappelé par les rails dessinés le long des doigts. Sur chaque phalange, nous pouvons observer des silhouettes, de dos, d’une femme suivie d’enfants, pour symboliser l’escapade de Madeleine Barot après l’arrestation du bus. Les mains liées dans cette position  (vers le haut) représentent la force et la résistance. Les phalanges des doigts font également appel à des escaliers. En effet, les escaliers symbolisent les échelons à gravir pour parvenir à atteindre un but précis. 

Ø  Titouan Le Quérec, (1ère L )  installation.

Cette installation est constituée d’un buste  de femme portant un sac à main rempli d’objets divers et d’une valise. Sur le sac à main est marqué « servez vous »  Avec cette œuvre j’invite les spectateurs à venir dérober les objets contenus dans le sac  à main sur lesquels j’ai écrit des phrases les faisant réfléchir sur le vol à l’arraché dans les métros. N’ayant pas de métro à Oloron j’ai choisi de mettre mon œuvre à la gare.

 MEDIATHEQUE

Ø  Eva Arramayo, (  1ère S) LE soutien-gorge – 2013, installation

Le soutien-gorge est l’un des symboles féminin par excellence qu’on le veuille ou non : objet ayant libéré les femmes du corset, il marque l‘émancipation pour certaines, pour d’autres au contraire il reste un instrument d'oppression et de souffrance infligée au corps.

Dans ma production le soutien gorge est détourné de sa fonction première : Attaché autour d'ouvrages écrits par les femmes pour les droits des femmes,  il vient  soutenir leur engagement.

Cette œuvre a pour but de faire réfléchir le spectateur lecteur sur la place accordée aux femmes dans l'art, la littérature, la politique, la sociologie… Mettre un soutien-gorge autour de certains ouvrages de la médiathèque c’est un moyen de les rendre visibles afin qu’ils se démarquent de  tous les autres livres. Le soutien gorge fonctionne comme un faire-valoir, un signal qui souligne le travail de toutes ces femmes. Revêtant  divers aspects,  il montre la différence entre chacune par la variété des tissus, mais aussi l'unité par la forme qui reste toujours inchangée. 

Ø  Marion Lamare ( Terminale L ) installation composée d’un buste de femme à Echelle 1 et de lambeaux de papier journal.

Cette femme vêtue de noir, représente l'ensemble de ces  femmes synonymes d'histoire. Les lambeaux de papiers qu'elle porte sur elle tel un fardeau, représentent ses peurs, ses pleurs, ses blessures, mais aussi les violences,  discriminations, et inégalités qu'elle peut subir. En effet, les femmes en voient de toutes les couleurs et chacune d'elles mène un combat tout au long de sa vie. Nombreuses s’en sortent par le savoir, la connaissance, le travail. Leurs  histoires  hautes en couleur, méritent d'être lues, vues, entendues et répandues telles les feuilles des arbres qui se répandent dans la nature à la fin de l'automne. Le noir représente cette souffrance et les deuils qui ont du être vécus au travers du temps. Dans ce livre que nous propose cette femme son combat est écrit et  retranscrit pour l’éternité.

Ø  Jérome Vérity Thomas, (1ère L) Le plafond de verre, vitrine remplie de chaussures

Les femmes sont de plus en plus diplômées et aussi de plus en plus présentes dans les professions qualifiées. Malgré cela, on observe encore une forte prédominance masculine dans les postes de pouvoir, de décisions. En témoigne la répartition hommes / femmes dans les grandes entreprises où seulement 25 % des femmes sont à la tête des postes à responsabilité en France.

Le plafond de verre est une expression apparue aux Etats Unis dans les années 70. Cette métaphore décrit un seuil invisible empêchant les femmes d’accéder aux échelons supérieurs dans leurs carrières professionnelles. Cette inégalité en partie justifiée par des images stéréotypées voulant que les femmes manquent de  charisme, d’autorité, de combativité, de force psychologique ou physique s’observe aussi en politique où malgré la loi sur la parité,  seules 144 femmes prennent place à l’ Assemblée Nationale aux côtés de 433 hommes.

Cette installation constituée d’une vitrine remplie de chaussures témoigne d’une façon simple de cette disparité pour la dénoncer.

ESPACE LAULHERE

Ø  Dona Lou Darroze, La Femme de Vitruve, inscription graphique à la craie. (Terminale L)

Ce projet reprend les principes de l’œuvre de Léonard de Vinci intitulée   L’Homme de Vitruve. Ce dessin à la plume, Étude des proportions selon Vitruve réalisé par Léonard de Vinci aux alentours de 1492, est  le symbole de l’humanisme ; l’homme y étant considéré comme le centre de l’univers.

Avec cette production, je propose de transposer cette idée pour mettre les femmes au centre du monde. Pour cela j’ai repris les dimensions du cercle et du carré de son œuvre. Je les ai tracés à la craie sur ce mur pour les mettre à disposition de Toutes les femmes. En effet seules les femmes ont accès à ce projet. C’est une façon de dénoncer la place prédominante qu’à toujours eu l’homme face à la femme, ce que l’on observe dans  l’art notamment.

Les femmes qui le souhaitent seront prises en photo et leur image affichée sur un panneau situé à côté de mon projet.

Ø  Marie Aurore Bertran, Victor Borg, Matthieu Zapata, installation ( 1ère  S) A l’ombre du changement, sculpture mise en ombre

Nous avons décidé de traiter des stéréotypes associés aux  femmes, de l’enfance jusqu’à la vieillesse, en passant par toutes les étapes importantes de la vie.

L’œuvre se présente sous deux formes :

-       Une sculpture constituée de divers éléments, d’objets liés traditionnellement aux femmes ou évoquant les pratiques « dites féminines » entassés, collés formant un tas informe. 

-          Une image en ombre portée créée grâce à un projecteur (à angle et distance précise de la sculpture) projetant l’ombre de la sculpture  sur un mur de couleur unie. Se dessine alors en silhouette l’image d’une femme se libérant du poids des stéréotypes qui pèsent sur elle depuis la naissance, et ainsi s’ouvrant au monde.

 Estelle Mallet Cuesta ( 1ère L) peinture et collage sur toile

Mon projet sur le thème « femmes, luttes et résistance » parle de  la contraception féminine. Ma production représente le sexe féminin sous la forme schématique de l’appareil sexuel. Les contours du sexe seront composés de divers moyens de contraception et outils gynécologiques. Les contours du corps de la femme seront représentés par des écritures : dates importantes en lien avec le thème, noms de femmes s’étant battues pour cette cause… Cette production sera un moyen de revendiquer le droit des femmes de disposer de leur corps comme elles le souhaitent. Dans certains pays les femmes n’y ont toujours pas droit. Mon travail dénonce en quelque sorte cette injustice.

 MAIRIE

Ø  Julie Hernandez Iralde, Natalia Bergua Milagro, Anastasia Picotin ( 1ère ES) Les femmes votent et voteront, installation vidéo.

Cette œuvre est composée de deux parties. A l’extérieur une vidéo est projetée sur le rideau de l’isoloir et permet aux spectateurs de prendre conscience de l’importance du rôle des femmes dans le monde politique et du combat qu’elles ont mené pour obtenir le droit de vote en 1945 en France. A l’intérieur (2ème  partie) il peut à son tour voter et d’une certaine manière avoir la sensation de revenir dans le passé en manipulant les photographies disposées. Les bulletins évoquent quelques uns des nombreux pays dans lesquels les femmes n’ont toujours pas le droit de vote. Un nom de femme,  caractéristique de ces pays est inscrit sur chaque bulletin. Le spectateur, invité à voter pour ces femmes, par son geste symbolique,  témoigne de sa solidarité à leur égard et encourage le fait qu’elle puisse voter librement un jour.

Ø  Clémence Bénito, ( 1ère L) , Dyptique, sorte de livre ouvert grand format sur les Droits accordés au non aux femmes dans le monde

DANS LA VILLE

Panneaux d’affichage :

Lamarque Noémie

Vous connaissez sûrement tous Rosa Parks, cette femme noire qui est devenue une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis ; cette femme qui a osé refuser de laisser sa place à un passager blanc dans un autobus. Aujourd’hui grâce au projet de « Femmes luttes, et résistantes » j’ai souhaité lui rendre hommage en évoquant les problèmes de discrimination.

Il est important de souligner un sujet qui reste encore tabou et face auquel tout le monde peut être confronté. A chaque coin de rue quelqu’un peut être là pour vous déstabiliser, vous pointer du doigt pour votre différence. Vous essayerez alors de garder la tête haute. Mais en vain votre cœur aura été touché.

A travers la série de photo que j’ai réalisée, j’ai voulu entraîner une réflexion sur la manière de percevoir et de s’approprier les choses. Dans chaque œil photographié appartenant à différents femmes, on peut percevoir le reflet d’une personne qui montre du doigt. En mettant l’accent sur le regard j’invite le spectateur à se mettre à la place de la victime pour l’inciter à réfléchir avant d’agir et à ne pas faire aux autres ce qu’il n’aimerait pas que l’on lui fasse.  Chaque panneau d’affichage de la ville contiendra un œil témoignant du fait que la discrimination se loge partout ; chaque homme reste impuissant fasse à cette scène, mais a toujours la possibilité d’agir.

N’oubliez pas que notre différence et notre plus belle richesse.

Panneau Sucette :

Maëva Gourbeyre, ( 1ère  L)  série de photographies

Projet réalisé en collaboration avec le photographe Oloronais  Thierry Gouirriec, qui en tant qu’ancien élève de l’établissement,  a accepté de mettre à disposition son studio et de faire partager son savoir et son expérience.

Cette œuvre est constitué d’une série de photographies   de femmes de différentes corpulences et couleurs de peau, de dos (dos nu en buste) les poings liés par des objets symboliques de tous les clichés qui enferment la femme et de tout ce qui lui fait violence (Gants de cuisine et de vaisselle,  ruban de couturier, magazine de mode…)

Photographiées la tête haute, elles montrent qu'une femme, toute soumise à une injustice qu'elle soit, peut rester digne. Une inscription dans le dos vient souligner l’idée, que nombreuses cherchent à briser ses stéréotypes.

Deux photographies apparaitront dans un des panneaux sucette de la ville, deux autres à la médiathèque, et deux autres à l’espace Laulhère.

Tracts distribués dans les rues, dans les commerces :

Ø  Eugénie Capdepon, Barbarik 50, tracts fomat A5

Durant les années 1950, de nombreuses publicités représentaient des femmes ménagères ou mère de famille modèles, dans la cuisine ou accompagnées de leur mari, toujours souriante, "femme potiche" parfaite. Au même moment apparaissait la poupée Barbie, femme  miniature à la plastique de rêve, aux habits à la mode et au regard soumis.

Ma production Barbarik 50 tente de revisiter ces deux types de femmes « modèles » : D’un côté, la poupée se rebelle et sort les armes, luttant contre l’image de femme parfaite et inoffensive véhiculée jusqu’alors ; de l’autre la « ménagère parfaite » s’autorise à montrer ses larmes indiquant avec ses chaînes la prison dans laquelle elle se trouve.

A travers des tracts distribués dans les rues et commerce, je cherche à sensibiliser les gens sur les images stéréotypées dévalorisant les femmes depuis près de 60 ans pour qu’il garde son esprit critique en éveil face aux flots d’images déversées. 

 

le 27/03/2013 - 16:58:13
Page d'accueil | Mentions légales | RSS flux rss | Plan du site | Top10 | Copyright © par Saint-Joseph-Oloron.fr. Tous droits réservés.
Par Soludédia, réalisation de site web